PRINCIPES FONDAMENTAUX DE POLITIQUE EXTERIEURE DE LA REPUBLIQUE FEDERALE DU CONGO

Sous ce titre, la commission a analysé les principes fondamentaux de Politique Extérieure sous la première et la deuxième République, les principes qui devront guider la Politique Extérieure de la 3ème République et enfin, les Contentieux.

Avant toute chose, il sied de rappeler l'environnement historique d'avant l'Indépendance, de l'Etat Indépendant du Congo au Congo-Belge.

En effet, c'est à l'issue de la Conférence historique de Berlin de 1885, que furent déterminées des zones d'influences en Afrique et que naquit l'Etat Indépendant du Congo. Celui-ci devint en 1908 Colonie Belge marquent ainsi l'avènement de l'ère coloniale par la seule volonté du Roi Léopold II.

Cette période est caractérisée par la domination politique et l'exploitation économique du peuple colonisé ; ce qui amena les pays colonisés à prendre conscience de leur état et donne naissance à un mouvement général d'émancipation.

Pour mieux systématiser, accélérer et canaliser ce mouvement, une grande Conférence se tint à BANDOENG en 1955.

Les résultats de cette rencontre historique ont contribué à l'avènement des indépendances des pays africains dans les années 1960.

A. PRINCIPES FONDAMENTAUX DE POLITIQUE EXTERIEURE SOUS LES PREMIERE ET DEUXIEME REPUBLIQUES

1. SOUS LA PREMIERE REPUBLIQUE (DE 1960 A 1965)

Dès son accession à l'indépendance, le Congo connaît une grave crise politique et institutionnelle provoquée et attisée principalement par le double jeu de la puissance colonisatrice. Celle-ci avait en effet ouvert d'une manière quasi concomitante deux missions diplomatiques à Léopoldville et à Elisabethville.

Cette crise se traduit essentiellement par les événements suivants :

  1. La mutinerie de la Force Publique ;
  2. Le départ précipité des cadres expatriés ;
  3. Les sécessions Katangaise et du Sud-Kasaï ;
  4. L'existence de deux gouvernements antagonistes, l'un à Léopoldville, l'autre à Stanleyville ; et
  5. La mort tragique du premier ministre Patrice Emery LUMUMBA.
  6. Les rebellions.

En raison de l'environnement politique international de l'époque caractérisé principalement par la rivalité Est-Ouest (guerre froide), de l'importance géostratégique du Congo ainsi que d'énormes intérêts économiques qu'il recèle, la crise congolaise a contraint tous les Etats Africains et non Africains à adopter des positions dictées par des idéologies et des motivations forcément différentes. Ainsi, le Congo devint durant cette période un grand enjeu de la guerre froide et une véritable pomme de discorde de l'Afrique indépendante. A cet égard, la jeune République apparut plutôt comme un objet que comme un sujet de Droit international.

En effet, à la suite de son admission à l'ONU, le Congo fit siens les cinq principes de coexistence pacifique édictés par cette organisation à savoir :

  1. Egalité souveraine des Etats ;
  2. Règlement pacifique des différends internationaux ;
  3. Non-recours à la force ;
  4. Non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, et
  5. Respect de l'intégrité territoriale et de l'indépendance des Etats.

Mais, le jeune Etat n'eut pas les moyens d'une politique extérieure véritablement active et indépendante. Aussi s'attela-t-il à rechercher des soutiens extérieurs en vue de sauvegarder son unité nationale et d'éviter son isolement diplomatique.

2. SOUS LA DEUXIEME REPUBLIQUE (1965 A CE JOUR)

La politique extérieure de la 2ème République était axée autour de cinq principes suivants :

  1. Ouverture au monde sans exclusive ;
  2. Vocation africaine du Zaïre ;
  3. Politique de bon voisinage ;
  4. Politique de recours à l’authenticité ;
  5. Neutralisme positif et non alignement.

Ces principes n’ont pas connu une application rationnelle pour les raisons ci-après :

  1. Personnalisation des relations extérieures ayant conduit à la non application du principe philosophique selon lequel "UN ETAT N'A PAS D'AMIS, IL N'A QUE DES INTERETS".
  2. Multiplicité des centres de décisions et interférences de beaucoup d'autres services dans la conduite de la politique extérieure, et
  3. Foisonnement des foyers d'intérêts particuliers au mépris de l'intérêt supérieur de la Nation.

B. PRINCIPES FONDAMENTAUX DE POLITIQUE EXTERIEURE DE LA TROISIEME REPUBLIQUE

Tirant les leçons du passé et partant du principe selon lequel "la politique extérieure d'un pays est le reflet de la politique intérieure", la Politique doit être axée sur une diplomatie de développement. Celle-ci doit exclure toute personnalisation des relations entre partenaire toute multiplicité des services de référence dans la gestion de ses relations, ainsi que tout foisonnement des foyers d'intérêt qui ont longtemps porté préjudice aux intérêts supérieurs de la Nation.

En d'autre termes, le problème ne réside pas dans la recherche de nouveaux principes devant régir la politique extérieure de la 3ème République, mais plutôt dans l'application rigoureuse des règles et principes universellement reconnus ainsi que ceux découlant de l'expérience vécue, à savoir :

  1. Respect des Droits de l'Homme en conformité avec la Déclaration universelle des Droits de l'Homme et la Charte africaine des Droits de l'Homme et des Peuples ;
  2. Ouverture au monde et intégration dans le concert des nations ;
  3. Neutralisme positif et non-alignement ;
  4. Politique de bon voisinage et vocation africaine ;
  5. Coopération mutuellement avantageuse et respect du principe de réciprocité.

1. RESPECT DES DROITS DE L'HOMME EN CONFORMITE AVEC LA DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L'HOMME ET LA CHARTE AFRICAINE DES DROITS DE L'HOMME ET DES PEUPLES

La politique extérieure du Congo doit désormais reposer sur l'adhésion aux valeurs démocratiques, aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales universellement reconnus.

2. OUVERTURE AU MONDE ET INTEGRATION DANS LE CONCERT DES NATIONS

Le Congo entend rester fidèle aux principes des Nations Unies qui sous-tendent une diplomatie de coexistence pacifique sans complexe et sans exclusive. Il s'agit pour le Zaïre d'utiliser ses relations bilatérales et multilatérales en faveur de l'intérêt supérieur de la Nation et de participer par ses apports à l'édification d'un monde épris de paix, de justice et de liberté.

Sous la 3ème République, le Congo devra développer une diplomatie basée sur une participation active au système des Nations Unies et au fonctionnement des organisations internationales.

Dans cet ordre d'idée, il devra accorder son appui à tout effort de l'O.N.U. visant :

3. NEUTRALISME POSITIF ET NON-ALIGNEMENT

Le neutralisme positif étant compris comme l'affirmation de notre souveraineté, le Congo entend rompre avec la pratique d'une diplomatie d'implication dans le jeu des grandes puissances.

A cet égard, la principale préoccupation de la politique extérieure du Congo consistera à sauvegarder son indépendance et à affirmer son identité.

Par conséquent, notre diplomatie doit désormais s'ingénier à s'élever en acteur de la vie internationale et faire du Congo le maître de ses intérêts dans le concert des nations.

Compte tenu du nouvel environnement mondial avec les incertitudes qu'il implique, le Congo Cofondateur du Mouvement des Non-alignés devra participer avec les autres nations à la recherche d'un nouvel équilibre planétaire.

4. POLITIQUE DE BON VOISINAGE ET VOCATION AFRICAINE

Le Congo se doit de normaliser ses rapports bilatéraux avec ses voisins. Il n'assumerait son rôle géostratégique que si les Etats voisins trouvaient dans son développement une garantie de sécurité.

La stabilité, la protection de ses frontières et la position géostratégique du Congo imposant à sa politique extérieure de faire de sa diplomatie un instrument efficace au service de l'Unité Africaine.

5. COOPERATION MUTUELLEMENT AVANTAGEUSE ET RESPECT DU PRINCIPE DE RECIPROCITE

Afin de raffermir et d'intensifier ses relations avec tous les pays de monde, le Congo s'engage à promouvoir une coopération basée sur le respect des engagements qui tiennent compte des intérêts réciproques, de l'équité et de la bonne foi dans l'interprétation des textes des accords conclus.

Le plein respect de ces préceptes constitue le fondement sur lequel le Congo s'efforcera d'édifier sa coopération internationale.

L'initiative et la conclusion de tout accord de coopération doivent prendre en compte l'intérêt supérieur de la Nation. Dans ce domaine le respect de la transparence dans la négociation, la conclusion et la procédure de ratification doivent être strictement respectés.

L'application de ce principe tend à consolider et à garantir notamment :

a) COOPERATION BILATERALE

S'agissant de la coopération bilatérale, une politique de reprise et de la relance des commissions mixtes doit être envisagée en mettant l'accent sur des projets réalisables et qui privilégient les intérêts supérieurs de la Nation.

b) COOPERATION REGIONALE ET SOUS-REGIONALE

La politique extérieure du Congo, qui s'inscrit dans le cadre de la réalisation des objectifs de l'O.U.A., nécessite une diplomatie active, crédible et émancipatrice.

C'est dans ce cadre que le Congo doit soutenir le Plan d'action de Lagos qui vise l'intégration économique de l'Afrique tel que stipulé dans la Charte d'Abudja.

Le Congo doit en outre encourager les regroupements régionaux et sous-régionaux afin de constituer des ensembles économiques viables.

Dans cette perspective, notre pays devra être attentif à l'évolution de l'Afrique Australe avec comme centre d'intérêt l'Afrique du Sud qui pourrait jouer un rôle stratégique sur la scène africaine en tant que pays développé, si l'apartheid venait à être définitivement éliminé.

D'autre part, dans le cadre de nouvel ordre économique international et compte tenu des négociations commerciales multisectorielles, le Congo devra envisager une stratégie favorisant une coopération sectorielle entre pays en voie de développement.

Ceci pour répondre aux recommandations des Nations Unies qui insistent sur l'organisation d'une coopération Sud-Sud.

c) COOPERATION AVEC LES ORGANISATIONS DU SYSTEME DES NATIONS UNIES ET AUTRES

Le Congo devra réaffirmer son engagement au système des Nations Unies et à la défense de l'universalité des organisations internationales par une participation active au sein des organes délibérants et du Secrétariat Général des Nations Unies et les Institutions Spécialisées.

Fort de cet engagement, le Congo devra mener une politique de placement des cadres nationaux compétents dans les organisations internationales dont il est Membre.

Aussi, dans le cadre des ressources financières que les organisations internationales mettent à la disposition des pays en voie de développement, le Congo devra-t-il promouvoir l'accessibilité des nationaux à ces ressources en mettant en place un mécanisme approprié de nature à réduire sensiblement le taux d'intérêt alloué aux investisseurs nationaux et privés.


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