MOYENS D'ACTION DIPLOMATIQUE

Après avoir traité des principes fondamentaux de Politique Extérieure, la commission aborde des moyens d'action diplomatique qui sont :

A. MINISTERE DES RELATIONS EXTERIEURES

1. Rôle du Ministère
Le rôle du Ministère des Relations Extérieures consiste à concevoir et entretenir des rapports bilatéraux et multilatéraux à caractère universel, régional et sous-régional d'une part et d'autre part à gérer les dossiers ayant trait aux Relations politiques et diplomatiques et des coopérations entre le Congo et ses partenaires extérieurs.

A ce titre, il est traditionnellement assigné au Ministère des Relations Extérieures la triple mission à savoir :

Par conséquent, le Ministère des Relations Extérieures demeure la voie obligée de la politique extérieure du pays.
A cet effet, il est le trait d'union entre l'extérieur et les différents services et organes du pays.

Cependant, à l'instar d'autres institutions de l'Etat, le Ministère des Relations Extérieures n'a pas échappé aux effets néfastes de l'institutionnalisation de l'ancien Parti-Etat.

2. Structure du Ministère
Le Ministère des Relations Extérieures est organisé en douze directions réparties par nature des matières politiques, administratives et techniques, à savoir :

L'ensemble de ces directions est coiffé par un Secrétaire Général.

Au niveau politique, le Cabinet du Ministre est chargé de l'accomplissement des objectifs politiques en liaison avec les différentes directions.

Il existe enfin une Cellule de Chargés de missions qui regroupe en son sein certains Ambassadeurs affectés actuellement à l'Administration Centrale.

B. AMBASSADES ET CONSULATS GENERAUX

1. Fonctions d'une mission diplomatique
Les fonctions d'une mission diplomatique consistent notamment à :

En tant que canal obligé, le Ministère des Relations Extérieures :

La primauté du Ministère des Relations Extérieures dans la conduite des relations diplomatiques est en effet reconnue par l'article 41 de la Convention de Vienne sur les Relations Diplomatiques.

Il est à la fois un rouage essentiel des Relations Diplomatiques et un acteur décisif dans la formation du Droit International. Il a l'autorité directe pour engager l'Etat.

2. Fonctions des Consulats Généraux
Les fonctions des Consulats Généraux consistent notamment à :

3. Ouverture des Missions Diplomatiques
Dès son accession à l'Indépendance, le Congo a entrepris de nouer des Relations Diplomatiques et Consulaires avec les autres Etats.

Pour concrétiser cette démarche, des Ambassades et Consulats Généraux étaient ouverts, c'est ainsi que de dix missions au départ, le Congo compte aujourd'hui 56 Ambassades et 7 Consulats Généraux, soit un total de 63 Missions.

Cependant, pour des raisons économiques, le Congo se devra d'envisager la fermeture de certaines Missions diplomatiques et consulaires.

Il est bien entendu que cette mesure de réduction du nombre des postes ne signifie nullement rupture des relations diplomatiques avec les pays concernés, étant entendu que la procédure d'extension des juridictions devra être systématisée sous la forme de regroupement des postes.

4. Consulats Honoraires.
En même temps que le Congo ouvrait des Ambassades et Consulats Généraux, il fut créé quelques Consulats Honoraires dans le but de protéger les intérêts et les ressortissants de notre pays.

Alors que le rôle principal dévolu à ces consulats honoraires était de promouvoir des échanges économiques et commerciaux entre notre pays et le pays d'accueil, il a été malheureusement constaté que, foulant au pied la mission qui était la leur et profitant de la couverture leur attribuée conformément aux dispositions en la matière, les titulaires de ces Consulats Honoraires se sont livrés à des pratiques abusives.

Ces abus ont été à la base de certaines situations fâcheuses dont ont été victimes certaines Missions diplomatiques Congolaises. C'est notamment le cas de Monsieur Jean-Marie M'VOGO ex Consul Honoraire du Congo à Douala.

En considérant ce qui précède, le Congo se doit de procéder à la fermeture immédiate de tous ses Consulats Honoraires.

C. LES ORGANES PARITAIRES ET CONSULTATIFS

Il existe au niveau du Ministère des Relations Extérieures trois organes importants dont la mission consiste à évaluer le fonctionnement des services centraux et des missions diplomatiques et consulaires de Congo.

Il s'agit :

1. Conférence diplomatique
Convoquée à l'initiative du Ministre de Relations Extérieurs, la Conférence diplomatique réunit :

Elle évalue la conduite de la politique extérieure, établit le bilan du ministère des relations extérieures tant à l'administration centrale que dans les missions diplomatiques et consulaires.

Elle élabore des recommandations et propose des solutions appropriées.

2. Comité de direction
Cet organe a été mis en place depuis plus de cinq ans pour aider le Ministre dans la gestion quotidienne de son administration.

Il est composé :

Le Comité s'occupe :

3. Délégation syndicale
En principe, les fonctionnaires du Ministère des Relations Extérieures comme ceux de services spécialisés et des forces armées congolaises (FAC), ne font pas partie du syndicat des fonctionnaires de la Fonction Publique.

Ils peuvent cependant créer des organes ad-hoc permettant de résoudre certains problèmes spécifiques d'ordre social.

D. RESSOURCES ET RELATIONS HUMAINES

1. Ressources Humaines
Il s'agira ici du recrutement, de l'intégration, de la promotion et du système de rotation.

a) Concernant le recrutement :
Il est regrettable de constater que des personnes ne remplissant pas les conditions requises sont affectées au Ministères parfois à des grades de commandement, au mépris des statuts et des dispositions administratives en la matière;
Cette pratique crée des sérieux problème dans la mesure ou ces personnes, souvent dépourvues d'expérience, sont placées à la tête de certains services diplomatiques importants. C'est l'occasion de rappeler ici que la Diplomatie qui est à la fois science et art, ne doit pas être laissée entre les mains des profanes.

b) S'agissant de l'intégration :
Elle vise, à l'instar d'autres Corps, l'intégration dans l'Administration des Agents de carrière au corps des Diplomates de la République conformément à l'Ordonnance n° 72-234 du 2 Mai 1972.
Pour mémoire, l'intégration confère à l'Agent la qualité de Diplomate. Malgré l'existence de cette Ordonnance, il est malheureux de constater que de nombreux agents, à l'Administration Centrale comme en poste diplomatique, sont revêtus des grades auxquels ils n'ont pas droit.
Aussi, faut-il souhaiter qu'il soit mis un terme à ce genre d'abus, base de frustration, de démotivation et de découragement de nombreux agents.

c) En ce qui concerne les promotions :
Il y a eu lieu de noter que celles-ci n'obéissant généralement pas aux critères statutaires comme c'est le cas dans les Administrations d'autres Ministères.
A ce sujet, il est également regrettable de voir que certains agents, pourtant méritant et en ordre utile, attendent pendant 10, 15 voire 20 ans avant d'être promus à un grade supérieur.
Etant donné que contrairement à d'autres Ministères, les promotions en grades dans le cadre diplomatique ne nécessitent pas de vacances, il y a lieu de procéder dans l'immédiat à la régularisation de ceux des agents qui seraient concernés.

d) Quant au système de rotation :
Il convient de préciser que les textes règlementaires en vigueur prévoient le déroulement de la carrière alternativement à l'Administration Centrale et en poste diplomatique. Il a été constaté, une fois de plus, que les textes en la matière ne sont pas mis en application comme il se doit.
C'est ainsi qu'à certains, il sera accordé la faveur d'être affectés plusieurs fois en postes diplomatiques et à d'autres le maintien prolongé à l'Administration Centrale. Ce qui est ni plus ou moins une punition injustifiée.
Dans tous les cas, le Ministère devra fournir un effort pour que les agents diplomates de carrière puissant bénéficier de la rotation dans des proportions correspondant à nos moyens et de leur permettre ainsi de faire au moins 2/3 de leur carrière à l'étranger. En ce qui concerne le Chef de Mission, la situation actuelle ne tient pas compte d'un certain équilibre régional. Ci-après le tableau du moment :

Région d'origine Ambassadeurs diplomates de carrière Ambassadeurs CNS-SNI? Politique Armée Total
Total: 28 17 11 2 57
Bas-Zaïre 3 1 3 - 7
Bandundu 6 1 1 1 8
Equateur 6 12 2 1 21
Haut-Zaïre 2 - 1 - 3
Kasaï-Oriental 6 - 1 - 7
Kasaï-Occidental 1 - - - 1
Nord Kivu 1 - 1 - 2
Sud Kivu 1 - - - 1
Maniema 1 3 - - 4
Shaba 1 - 2 - 3

2. Relations Humaines
En ce qui concerne les relations humaines au sein de nos missions diplomatiques, la personnalisation de plusieurs centre d'impulsions a provoqué un climat malsain portant préjudice à l'unité de commandement dévolue au Chef de Mission et à l'esprit du corps qui aurait dû être entretenu parmi les mission.

3. Profil du diplomate.
Il importe dans ce paragraphe relatif aux relations humaines d'indiquer clairement le profil du diplomate sous la 3ème République.

Le diplomate devra désormais répondre au profil suivant :

Depuis la dissolution du Parti-Etat, la Fonction Publique a recruté et affecté au Ministère des Relations Extérieures plus de trois cents agents dont, le profil ne répond pas pour la plupart d'entre eux, aux exigences de ce corps.

Aussi, la compétence exclusive de recrutement sur concours devra-t-elle être laissée au Ministère des Relations Extérieures et la régularisation des dossiers au Ministère de la Fonction Publique.

4. Problèmes financiers des agents en poste.
Comme on le sait déjà, nos diplomates vivent dans des conditions déplorables voire inhumaines par rapport à la moyenne du niveau de vie le leurs collègues diplomates d'autres pays.


««

»»

Nous suivre

Le journal

À propos

  • Qui sommes-nous ?
  • Mentions légales
  • Politique de confidentialité
  • Contactez-nous

    Bana Congo Magazine
    Email: info@bana-congo.com
    Tél.: +32 (0) 468 38 16 97